14 janv. 2007

Condé sur Seulles - Un peu d'histoire

D’après « Statistique Monumentale » par M. de Caumont (1857)
Condé-sur-Seulles, Condatum, Condeium supra Seulam.

L'église de Condé-sur-Seulles est facile à décrire.




La tour, qui précède la nef, et dont la partie inférieure sert de vestibule, porte la date 1741 : elle est terminée par un lanternon reposant sur un petit dôme en pierre, en forme de carène de navire, portant des lucarnes ou œils-de-bœuf sur chacune de ses faces.

Le chœur a été reconstruit de fond en comble en 1840, avec la sacristie, qui est appliquée sur le chevet.
Reste le corps de la nef, qui n'est pas très caractérisé, mais dont les murs remontent au XIIe siècle pour quelques parties. On remarque, du côté du sud, une porte en acco­lade vraisemblablement du commencement du XVIe siècle.

L'arcade qui sépare le chœur de la nef est à plein-cintre.
L'église de Condé est sous l'invocation de Notre-Dame.
L'abbaye de St.-Etienne de Caen présentait à la cure et per­cevait les deux tiers des dîmes; l'autre tiers et les verdages appartenaient au curé.
Il y a près de l'église une belle fontaine qui faisait moudre autrefois trois moulins. Ces moulins étaient situés dans un lieu nommé la Maladerie, en souvenir de l'hôpital qui y avait existé, il y avait un grand chemin qui allait du pont de Condé à Bayeux.
La fontaine et le chemin ont subit des modifications après la construction de la ligne de chemin de fer, Paris Cherbourg, et le remembrement.
Antiquités romaines. En creusant, il y a un siècle, dans le pré du Clos-Neuf, près du pont, on trouva un cercueil en pierre qui contenait plusieurs fragments de plomb, une bouteille de verre de forme carrée, pouvant contenir 2 litres, et une cuillère d’étain. Ce tombeau, ainsi décrit par Béziers paraît d'origine romaine, et la bouteille de verre est conforme à celles que l'on connaît dans beaucoup de collections.

L'abbé Barette (ancien curé de condé-sur-Seulles) est persuadé qu'une voie romaine, con­duisant de Bayeux à Vieux, passait à Condé, et qu'elle tra­versait la Seulles entre cette commune et Carcagny. On a trouvé, dit-on, quelques médailles dans les environs.
Cette voie romaine traversait la Seulles entre Condé et Ducy Sainte Marguerite.

Dans une autre partie de la commune, existaient des vestiges d'une habitation considérable, que Béziers suppose avoir été la demeure des premiers seigneurs de Condé.

Richard de Condé fut un des gentilshommes qui accom­pagnèrent Kobert Courle-Heuse à la croisade, en 1096. — Turstin de Coudé vivait au milieu du XIIe. Siècle, sous l'épiscopal de Philippe de Harcourt; il donna à l'abbaye de St-Etienne, pour le repos de son âme, une terre nommée Cantepie, Ranulphe et Hugues de Condé, ses fils, consen­tirent à la donation en la mettant sur l'autel : c'était proba­blement la terre que possédait l'abbaye, à Condé, avant la Révolution. Richard de Condé aumôna à cette abbaye, en 1119, le patronage de l'église de Condé-sur-Seulles, ce que nous apprend la charte de confirmation donnée, la même année, par Henri II, évêque de Bayeux.

Richard de Condé, prieur de la grande abbaye de Caen, mourut en 1265, entre les bras de son abbé, Nicolas Ier.
Par acte du 10 décembre 1402 , que l'on conservait autre­fois dans le trésor de l'église de Condé-sur-Seulles, Guil­laume, seigneur de Comte, donna à Robert Le Prévost, curé du dit lieu, une pièce de terre pour l'acquit de quatre messes par an pour lui, ses parents et ses amis.
Le seigneur de Condé-sur-Seulles se trouve parmi les vassaux de l'évêché de Bayeux, dans les aveux rendus au Roi en 1453, par Zénon de Castillon, et, en 1460, par Louis de Harcourt, son successeur. Il est dit dans le premier aveu que ce seigneur tient de la baronnie de St.-Vigor, par foi et hommage, un quart de fief de chevalier, dont le chef est assis en la paroisse de Condé, à cause duquel il est tenu de faire à l'évêché, chaque année, six livres de cire avec reliefs, treizièmes et aides-coutumières, et que, quand il a à faire taxation des amendes de sa seigneurie, il les doit porter à taxer devant le sénéchal de l'évêque ou à son lieu­tenant, afin que, par leur conseil, elles soient taxées.

Béziers pensait que Turstin, archevêque d'Yorck, qui reçut la consécration des mains de Calixte II, en 1119, dans le concile de Reims, et Audin, son frère, qui, de chapelain de Henri Ier, roi d'Angleterre, était devenu évêque d'Évreux, en 1112 , étaient nés à Condé-sur-SeuIles et étaient issus des anciens seigneurs de cette paroisse.
Le château moderne de Condé a appartenu à M. le Prince de Broglies avec la terre qui en dépend.



Condé faisait partie de la sergenterïe de Briquessart, élec­tion de Bayeux et du doyenné de Fontenay-!e-Pesnel ; on y comptait, avant la Révolution, 52 feux et 150 habitants.

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